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 20 années d’ouvertures de voies nouvelles et/ou de premières dans les Ecrins / Cerces Queyras

En complément à lire :

Une interview sur le site web de Montagnes Magazine : http://www.montagnes-magazine.com/actus-rencontre-sebastien-constant-alpiniste-fete-20-ans-ouvertu

Une interview sur le site web de KAIRN : http://www.kairn.com/fr/activites-montagne/89856/seb-constant-20-ans-d-ouvertures-dans-les-ecrins.html

Seb constant, Ski-alpinisme dans le massif des Cerces, lors de l’ouverture d’une nouvelle voie en mémoire à Raphael Borgis

2013 a été une année symbolique pour moi, à plus d’un titre

Cela correspond à 20 années de « recherche persévérante, finaude mais désespérée des derniers corridors vierges, sombres et glacés » (Superbe tirade que l’on doit à Jean-Mi Cambon dans l’édition 2011 de Oisans Nouveau, Oisans Sauvage, livre Est).

Raphael Borgis, un jour de « solo » dans les voies d’escalade à Mont Dauphin (1995)

Cela fait aussi 10 années que Raph Borgis, avec qui j’ai parcouru quelques lignes majeures du Briançonnais, a quitté le monde de la montagne. Alors j’ai profité le jour de ce dixième anniversaire, le 10 janvier 2013, pour lui rendre un hommage très personnel et aller visiter une nouvelle ligne discrète dans la face Sud du Pic de la Moulinière. Ça donne le Chemin des âmes (inspiré du roman de Joseph Boyden), une goulotte/couloir qui sinue au mieux dans la face.

JE DOIS PRENDRE UN MOMENT POUR FAIRE LE MONTAGE DE LA VIDEO au pic de la MOULINIERE = soyez patient

Mais pourquoi 20 années d’errance (ou plutôt d’ouverture)?

1993, première ouverture en versant NW des Agneaux (sommet NW) :

Dans l’hiver 1993, j’avais ouvert une goulotte dans le versant NW qui venait clore une tentative, que dis-je une errance, qui datait de 1990 avec Mat Bénizeau et Philippe Melin (dans cette même goulotte). Cette voie de 1993 a marqué pour moi le début d’une longue aventure d’ouverture et d’exploration entre les massifs des Ecrins, des Cerces et du Queyras qui dominent le pays où j’ai choisi de vivre ; mais aussi à l’étranger (Népal, Bolivie, Alaska par ex.).

Depuis je n’ai cessé d’errer dans ce Briançonnais souvent pour le pire. Et d’erreurs en errances je me retrouve, pas loin de 120 lignes plus tard (120 premières diraient certains) à me demander ce qui m’attire dans les ouvertures en rocher (escalades en grande voies), de goulottes ou couloirs à pied et/ou à ski (parfois même à 4 pattes) : la possibilité de créer et de trouver un cheminement en composant avec la logique du rocher et de la glace en utilisant un minimum de moyens, mais plus encore le jeu et l’aventure que je partage avec des copains.

Donc pour en revenir à nos moutons et nos Agneaux, que j’avais laissés s’égarer dans l’alpe. 2013, tel le chien du troupeau, me voilà à renifler une voie en rocher cette fois-ci, habité que je suis par la sale manie d’aller traîner mes paluches en dehors des sentiers battus.

Mat en janvier 1990, compagnon de route depuis près de 25 ans, dans une tentative avortée versant NW des Agneaux.

Et me voilà aux Agneaux, avec Philippe Pimmel fin août 2013 pour fêter mes années d’ouverture sur ce même sommet. Nous y avons parcouru une nouvelle voie rocheuse en versant Sud du sommet E, une douce errance au Soleil dans du bon rocher abordable et pas un chat dans le secteur (ou plutôt pas un agneau, ni un mouton), la tranquillité, le calme et une forme de solitude bien propre à certaines voie des Ecrins. Cela donne 20 ans d’errance, petit clin d’œil à mes débuts d’ouvreur et de défricheur de lignes dans les Ecrins il y 20 ans, et aussi petit salut amical à notre apôtre du rocher et des voies modernes équipées à qui nous devons de belles journées de grimpe : Jean-Mi Cambon.

Philippe, dans le socle de la voie, dans un rocher plutôt bon (Les Agneaux sommet E, face S, Massif des Ecrins, France)

 

Philippe dans les dalles fissurées bien adaptées au placement de friends.

 

Superbe vue depuis le sommet des Agneaux sur le Pelvoux, Pic Sans Nom, les Ailefroides, le Coolidge, La Barre et le dôme des Ecrins, Roche Faurio, le Pic du glacier Blanc, les Arêtes des Cinéastes (en contrebas), …, sans oublier la Meije (au loin).

 

Alors un grand merci à tous ceux ont partagé mon chemin et/où qui le partagent encore!

 

Et puis une douce pensée pour mes enfants Youenn, Volodia, dont les sourires complices et malicieux forment le plus beau des azurs!

Accrochez-vous à la vie, Mon coeur est charmée par vos rondes joyeuses!

Poussés par les vents sur les flots, poussées par la neige qui enveloppent nos spatules, nous continuerons à savourer l’impertinence de nos folies.

 

Les voies :

Pic de la Moulinière (3073 m) versant SW

Le chemin des âmes, 310 m, D- (55/60° en neige, et M3), 3h d’approche, 1h30 pour la voie, 2h pour la descente. Par Sébastien Constant, 10 janvier 2013.

 

Montagne des Agneaux – sommet E (3664 m) versant S

20 ans d’errance, 220 m, AD (IV en rocher et 35/40° en neige) 3h d’approche, 3h pour la voie, 2h30 pour la descente. Par Sébastien Constant et Philippe Pimmel, le 21 août 2013.

La voie 20 ans d’errance louvoie au milieu de la face, et croise la ligne skié par Benjamin Verdines cet hiver (voir sur skitour)

 Pour aller plus loin sur les nouvelles voie en rocher :

Les topos de Jean-Michel Cambon pour les grandes voies en rocher des Ecrins et des massifs périphériques (Cerces, Queyras, Belledonne) : OISANS NOUVEAU, OISANS SAUVAGE (2011)

Jean-Michel Cambon et son presque siècle d’exploration de parois et jardins secrets de grimpe. Ma collecttion des Cambons!!!!

Le topo qui regroupe les itinéraires à dominante neige, glace et/ou mixte, les voies normales : ASCENSIONS en NEIGE et MIXTE (2009)

le topo qui remplace les anciens Labandes. Il se complète avec celui de Cambon pour le rocher

 

 

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